Jean-François Comte
L’installation se présente comme un jeu de piste artistique : cherchez non pas l’erreur mais la femme,
elle est omniprésente-femme géante, femme-puzzle, cométe irradiante…
Jean-François Comte, qui a étudié le Grec ancien et la géométrie, s’attache aux signes, aux lettres, aux chiffres ; il se voit volontiers
en scribe creusant la matière de la toile en quête d’une cosmologie de la naissance, d’une cartographie amoureuse, sorte
de carte du tendre où la main, armée d’un compas, part à la recherche de « l’origine du monde » (Courbet n’est pas loin)
Brigitte Camus.
Cet artiste, également réalisateur, poète et écrivain-il a publié trois romans et a été
l’ami dans son enfance de Saint-Exupéry- bâtit depuis 30 ans une œuvre complexe
autour du thème de la femme. Renouvelant le genre, il convoque plusieurs
disciplines : dessin, peinture, cinéma, mathématiques et écriture.
Le choix de ses modèles fonctionne sur une conception d’engagement réciproque et
l’aventure démarre dans son atelier en Normandie.
Il développe sa mise en scène sur plusieurs toiles : la tête et les épaules sur un premier
support, le corps sur un autre, les jambes suivent. C’est à l’œil du spectateur à
reconstruire le puzzle.
Fou de dessins, il griffe la toile à la mine de plomb, structurant et déstructurant ses
corps dans une approche de type cubiste très géométrique. Puis la peinture mène le
bal avec une matière à la fois fluide et généreuse pour des nus et des portraits qui
s’inscrivent dans la lignée d’Egon Schiele, Francis Bacon ou Lucian Freud, mariant une
grande force avec sensibilité, sensualité et suavité.
La dernière étape relève de l’installation : les toiles montées sur socle ne sont pas
accrochées aux murs mais conçues comme des polyptyques et suspendues enun
savant jeu de piste artistique au cœur des constellations.